lundi 29 mai 2017

Le cercle vertueux de la création

Lundi dernier, partie comme une voleuse à Amsterdam, j'ai fait une entorse à mes habituels articles créatifs du lundi / mardi. Je sais bien que je ne suis tenue à aucune obligation de publier trois articles par semaine, ni deux… Pas même un d'ailleurs ! Ce blog est un espace bien petit au milieu de l'océan des Internets, mais je dois également noter que la régularité de publication m'est nécessaire. Je crois bien qu'en ne m'astreignant pas au rythme auquel je m'efforce de rester fidèle, j'aurais vite fait de laisser les choses filer, et de ne plus publier que tous les 15 du mois, voire moins. 
Alors que ce petit blog, outre le fait d'être un espace de partage formidable, c'est un peu mon moteur créatif. Avec lui, je suis certaine de continuer à vouloir écrire, dessiner, graver, broder, photographier, ouvrir mes écoutilles et afficher une curiosité de toutes les situations. Je ne suis pas sûre que je broderais autant, par exemple, si je gardais cela rien que pour moi. Plus que tout, j'ai envie de partager mes créations avec vous, j'ai envie de vous faire retomber en enfance à travers elles, de vous toucher, j'ai envie de vous enthousiasmer, et, portée par votre enthousiasme, de m'en retourner créer davantage. 

Lundi dernier, alors que la broderie que je vous présente aujourd'hui était pourtant terminée, il n'y a pas eu d'article sur mon blog, et je crois que mon esprit en a profité pour se reposer sur ses lauriers. À Amsterdam, mon prochain ouvrage de broderie, le dessin tout juste tracé sur le tissu, est resté dans mon sac. Dans les heures tièdes de cette ville que j'adore, et qui m'inspire pourtant au-delà du réel, j'ai ralenti le rythme. Moins créé (pas du tout, devrais-je écrire), moins griffonné d'idées (quelques-unes), et, alors que généralement, je suis frustrée de ne pas pouvoir broder aussi vite que les dessins naissent dans ma tête, ce fut le trou noir, loin du bouillonnement habituel.

Alors je crois que si les pauses peuvent faire du bien, en matière de création j'ai besoin de maintenir la machine en route, et de continuer à broder pour avoir envie de broder, de continuer à graver pour avoir envie de graver, de publier régulièrement sur ce blog pour entretenir mes envies et mes idées d'articles. Je crois que c'est le cercle vertueux de la création, et que si je m'arrête de créer, rapidement, je n'ai plus d'idées, plus d'impatience à réaliser ce que j'ai en tête, puisque, insidieusement, les idées d'hier ne sont plus là aujourd'hui. 

Aussitôt rentrée d'Amsterdam, j'ai ressorti mon ouvrage brodé du sac, je me suis replongée dans le choix de couleurs opéré juste avant mon départ. Il a fallu réactiver mes idées d'alors, retrouver mon enthousiasme du départ à l'égard de ce projet, et remettre la machine en route. Ca n'a pas été évident au début, il m'a semblé être touchée par ce qu'on appelle tout simplement… la flemme, et puis je me suis fait violence en allant refaire le plein d'inspiration sur Pinterest, je me suis forcée à griffonner quelques embryons d'idées, probablement des choses qui demain me sembleront sans intérêt, mais l'essentiel à ce moment-là, c'était de les noter. En les notant, j'en ai noté d'autres, qui sont venues se greffer aux premières, et puis d'autres sous-jacentes. Et j'ai relancé la machine. 

J'espère réussir à vous présenter très prochainement ce nouveau projet, l'abandonné réadopté, car oui, maintenant que j'ai repris le fil de la création, j'ai déjà hâte d'achever ma broderie en cours pour pouvoir le plus tôt possible m'atteler à la prochaine. Le cercle vertueux de la création. 

En attendant, c'est ma broderie terminée juste avant Amsterdam que je partage avec vous aujourd'hui. 
Une broderie de saison comme je m'évertue à en faire, avec une scène de complicité "bucolique" entre cette demoiselle et son chien. 
Une broderie toute simple, aussi, avec tout juste un peu de volume apporté par les fleurs jaunes. 

Voici le détail des points et des couleurs utilisées avec les fils moulinés DMC : 

Demoiselle : 
- contours au point de tige, 1 fil (réf. 844).
- top au passé empiétant, 2 fils (réf. 211), et petit coeurs ajoutés au point arrière (2 fils, réf. 309).
- jupe au passé plat, 2 fils (réf. 926)

Chien : 
- contours au point de tige, 1 fil (réf. 300)
- tâches au passé empiétant, 2 fils (réf. 300)
- yeux et nez au passé plat, 2 fils (réf. 310)
- collier : contours au point de tige (1 fil, réf. 823), motif au passé plat (2 fils, réf. 823)

Décor : 
- herbes hautes réalisées en faisant tout simplement de larges points de façon plus ou moins aléatoire avec une épaisseur de fil. J'ai utilisé deux nuances de verts : 3363 et 3364.
- les tiges des fleurs sont réalisées au point de tige (1 fil d'épaisseur)
- les fleurs jaunes sont réalisées au point de pompon (2 fils, réf. 3047)
- les fleurs roses sont réalisées au point de bouclette (1 fil, un joli rose récupéré parmi mes nombreuses chutes de fils).
- j'ai ajouté quelques fleurs roses éparses dans l'herbe au point de noeud, en utilisant deux nuances de rose : 543 et 963).

Que faites-vous de votre côté pour entretenir la "machine" créative ? 
Les pauses vous sont-elles bénéfiques dans ce domaine, ou vous rendent-elles plus difficile de retrouver le chemin de l'inspiration ? 
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vendredi 26 mai 2017

Regarder les bateaux quitter le port

Les jours s'allongent, et avec eux je commence à mesurer à nouveau les levers de Soleil qui coûtent, ceux de l'été qui approche, et qui ne cessent d'avancer l'heure du réveil, chaque fois que je me mets en tête d'aller assister au spectacle des premières lumières matinales. 
C'est ce que j'ai souhaité faire il y a quelques semaines, alors que la météo prévoyait grand beau, et que je ne pouvais me résoudre à ne pas être de la fête. C'est ce que j'ai voulu faire, me lever tôt, beaucoup trop tôt, déjà une heure plus tôt qu'en plein hiver, et sans doute encore une heure plus tard qu'en été, pour parvenir là-bas à l'heure dorée.
Là-bas, c'était le port du Guilvinec, dans le Finistère sud. C'était rempli de bateaux et de pêcheurs bretons en salopette jaune. C'était l'effervescence, celle de la criée, du ballet de mouettes et de ceux qui quittent le port. L'heure de pointe sur l'eau. C'est toujours quelque chose de regarder un bateau quitter le port, d'entendre son signal, de suivre son sillon laissé sur le chenal. J'ai chaque fois mille images de films qui me viennent en tête, et je ne peux m'empêcher de chercher les familles des marins sur le quai, ajoutant un petit mouchoir. En vain. Je sais bien que ceux-là ne partent ni bien loin, ni bien longtemps, mais les voir quitter le port fait toujours ainsi galoper mon imagination, quand je vais regarder les bateaux à l'heure où le Soleil se lève. 
Ce matin-là, je suis rentrée avec les yeux qui piquent, fatiguée de m'être levée si tôt, mais excitée aussi, avec cette impression d'avoir ajouté une heure à ma journée, comme ça, une heure bonus, volée à la nuit, sûrement, glissée dans l'enveloppe des 24 heures à venir. En quittant le port, les volets étaient encore fermés pour la plupart. Quelques restaurateurs sortaient des piles de chaises, faisant prendre forme aux terrasses. La poissonnerie ouvrait son rideau à m'en faire grincer les oreilles. Et moi, moi je rentrais, je rentrais travailler et commencer ma journée, avec le sentiment que celle-ci avait déjà commencé. 

Et vous, vous choisiriez d'y glisser quoi, 
à votre journée, 
si celle-ci comptait plus que 24 heures ? 
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dimanche 21 mai 2017

Ten little Positive things #74

1 - Me préparer un mug cake réconfortant.
2 - Découvrir la musique de Juliette Armanet.
3 - Arpenter la plage où ma maman a passé les étés de sa jeunesse.
4 - Changer quelques "provisoires qui durent" depuis trop longtemps dans mon petit chez moi, en affichant notamment cette illustration de Charlotte le Bon, que j'adore. J'ai simplement installé des champlats en haut et en bas, je ne voulais surtout pas dissimuler le grain du papier sous le verre d'un cadre. 
5 - Chiner cette jolie dinette en porcelaine, qui fera assurément le bonheur d'une de mes nièces.
6 - Penser déjà à l'été avec ces deux jolies choses fraichement reçues de chez Sézane et Boden.
7 - Rattraper mes épisodes de retard dans Riverdale.
8 - Partir chiner au bord de la mer.
9 - Encadrer ma jolie affiche "culottes", réalisée par Florence, alias la Mouette. J'aime tellement la légèreté qui ressort de ses créations ! 
10 - Faire de mon anniversaire la journée la plus douce possible, la tête déjà tournée vers le Nord et Amsterdam, où je m'échappe aujourd'hui. 

Je vous souhaite un beau dimanche. 
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vendredi 19 mai 2017

Sur le chemin du Lech #5 : de Lechleiten à Steeg (jour 4)


Maintenant que je me suis replongée dans mes nombreuses photos du Lechweg, j'ai envie de continuer à partager avec vous mon retour sur ce voyage. Quand je revois ces montagnes, cette nature verdoyante, j'ai envie de repartir quelque part par là-bas, loin de tout et pourtant au plus près des choses. 

La 4ème étape de la randonnée nous amène de Leichleiten à Steeg. 

Après une nuit bien reposante dans la chambre de notre nouvelle auberge, à Steeg, où nous passerons 2 nuits, un petit déjeuner copieux, il est temps d'enfiler nos chaussures de randonnée pour une autre journée de marche. Le temps, ce matin-là, est une fois de plus radieux, et nous commençons à nous habituer à ce beau Soleil qui faisait défaut à notre arrivée en Autriche. 

Nous prenons le temps de faire le tour du village pour profiter du charme des maisons et des balcons fleuris. J'ai beau rester parfois sceptique à propos de la décoration traditionnelle autrichienne, "un peu" trop chargée pour moi, je suis très sensible au soin que mettent les habitants pour embellir l'extérieur de leur maison. Volets en bois sculptés ou ajourés de petits coeurs, pèle-mêle joyeux de fleurs, la déambulation dans les rues si tranquilles du village, de bon matin, est un vrai plaisir. 

Nous prenons ensuite le bus des randonneurs pour rejoindre Lechleiten, départ de notre étape du jour, qui devrait nous permettre de rallier Steeg, notre point de chute au terme de la journée. Je me réjouis de cette étape qui devrait être moins éprouvante que celle de la veille. Beaucoup de plat, une très longue descente, et un chemin plutôt praticable. 

Le départ est tout de même sportif, puisqu'il s'opère en haut d'une montée que notre guide ne mentionnait pas, et que le bus nous dépose en bas de celle-ci. 
Cette succession de montées et de descentes est à l'image de tout le parcours, où il me semblera sans cesse monter vers les sommets, puis redescendre aussitôt dans la vallée,  remonter, et redescendre, remonter… 



Sur la route, nous passons devant une chèvrerie, et je ne peux m'empêcher de voler quelques câlins aux chevreaux qui se massent près de nous. Il est 9 h 30, et nous voulons marcher un maximum le matin, avant que le Soleil soit au plus haut dans le ciel. 

À Lechleiten, tout en haut du village, nous tombons sur une mignonne petite chapelle, que j'avais repérée dans notre guide, et je ne peux m'empêcher de m'aventurer dans les herbes hautes de la colline qui la borde pour aller la photographier d'après le même point de vue, quitte à me tordre la cheville et me faire de belles frayeurs. 


Nous quittons enfin l'asphalte pour retrouver notre petit chemin de terre. C'est le départ officiel de l'étape du jour. La matinée nous offre de belles découvertes, baignées de cette jolie lumière de début de journée. Tandis que nous nous engageons sur le chemin, les fleurs de montagne semblent nous faire une haie d'honneur. L'endroit est incroyablement riche en variétés florales, cette portion du chemin restera bien ancrée parmi nos souvenirs. Nous en reconnaissons quelques-unes, en découvrons d'autres. Certaines fleurs sont de vrais bijoux, de la dentelle, et je reste des minutes entières regarder comment sont montés les pétales. 







Arrivées au point le plus haut, nous entendons le bruit du Lech en contrebas, lui que nous devons retrouver au terme de la descente. À vol d'oiseau, il a l'air si proche de nous, que nous pensons pouvoir le rejoindre en moins de temps qu'il ne faut pour dire. La descente va pourtant nous sembler interminable, et plus éprouvante que ce à quoi nous nous attendions, les chevilles largement sollicitées.  Nous adoptons un rythme tranquille, à l'image de tout notre parcours, et on savoure chaque seconde passée à l'ombre des sous-bois, entourées par l'enivrant parfum des grands pins. 



Nous finissons par retrouver notre cours d'eau fétiche, le Lech, que nous enjambons en traversant un pont. Le revoir à la fin de l'étape nous fait un drôle d'effet, nous qui l'avons si peu vu depuis le début de la journée. On le retrouve plus grand encore que la veille, toujours plus tonitruant, et toujours aussi bleu turquoise. Bientôt, nous parvenons à gagner une de ses berges et à tremper à nouveau nos pieds - pour quelques secondes - dans ses eaux glacées. 




Le chemin du Lech, c'est aussi beaucoup de rencontres au fil du parcours, comme ce charmant couple d'Allemands croisés sur le pont, et qui nous racontent venir ici chaque année depuis leur enfance. Ils nous apprennent que la route / chemin sur laquelle nous marchons était autrefois le seul moyen de rallier Lech depuis Steeg, et que les routes  aujourd'hui empruntées à longueur de journée par le bus pour effectuer les transferts entre les étapes du Lechweg n'existaient pas. 

Plus loin, nous tombons sur un cycliste, et réalisons qu'il s'apprête à entreprendre l'ascension du très long chemin que nous venons de descendre. Nous lui présentons tout notre respect… et nos encouragements !

Et puis il y a cette Allemande, encore, qui s'attache à nous prévenir que nous allons bientôt trouver une plante très rare sur notre route. Elle nous montre les fleurs d'Arnica, et nous lui annonçons en retour que des roses alpines l'attendent de son côté un peu plus loin. Cette nouvelle semble tellement la réjouir, que je réalise à quel point ce chemin, définitivement, est fait de petits bonheurs simples. 

Bilan de la 4è étape : 22 351 pas et 15.96 km

À bientôt pour la suite du voyage !


En attendant, vous pouvez relire les précécents articles consacrés à ce voyage ici :

Sur le chemin du Lech, jour 2, Formarinsee - Lech

Sur le chemin du Lech, jour 3, Lech - Warth
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mercredi 17 mai 2017

Instantanés du mercredi

Petit running sous les grands arbres - Passion phares… - … Passion portes. - Ses grands yeux bleus qui me font fondre, quand les mouettes la font se désintéresser de moi. 
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