vendredi 14 avril 2017

Sur le chemin du Lech #3 Jour 2


Je vous retrouve aujourd'hui pour la suite de mon récit autour de la randonnée que j'ai effectuée l'été dernier entre l'Autriche et l'Allemagne, de la naissance d'un cours d'eau (le Lech) jusqu'aux chutes de celui-ci, quelques centaines de kilomètres et un pays plus loin.
Si vous avez manqué les deux premiers articles que j'ai écrits à propos de ce voyage, vous pouvez aller ici pour vous renseigner sur l'organisation de la randonnée, et ici pour suivre la première journée du voyage.

Notre deuxième étape de randonnée correspondait en réalité à la première étape officielle du Chemin du Lech, notre hôte nous ayant conseillé, la veille, d'opter pour un plan B, compte tenu d'une météo incertaine.

La marche de la veille avait aiguisé notre curiosité, et nous avions très hâte de découvrir ce que le programme du jour nous réservait, d'autant plus qu'il devait nous emmener vers un lac réputé plus bel endroit d'Autriche : Formarinsee.

Formarinsee - Lech

Au petit matin, nous quittons donc notre auberge à Lech pour prendre le bus, qui nous dépose au départ officiel du Chemin du Lech. L'objectif de cette première journée est de revenir à pied… à Lech, d'où nous sommes parties le matin. Tout au long de cette randonnée, les transferts en bus nous feront vivre des émotions contraires, chaque fois que nous les emprunterons et que nous verrons défiler à toute vitesse des paysages que nous venions de mettre 5 heures à parcourir laborieusement à pied.

Si les bus sont gratuits pour tous les randonneurs du Lechweg, nous devons malgré tout ce matin-là nous acquitter exceptionnellement de 5 euros supplémentaires à la montée dans le bus, celui-ci devant emprunter une route à péage pour se rendre jusqu'au point de départ de la randonnée.

Attention à ne pas se mélanger les pinceaux avec le bus pour Formarinsee : au départ de Lech, il faut monter dans le bus 1, qui devient automatiquement le bus 2 par la suite, puis soit le bus 6, soit le bus 7. C'est le bus 7 qui se rend à Formarinsee. Demandez donc au conducteur dès le départ de Lech s'il va bien à Formarinsee.

Sur le parcours en bus, nous nous faisons déjà happer par le spectacle des paysages, et laissons échapper quelques petits cris sur ces routes à lacets qui nous impressionnent particulièrement. Le bus est rempli de randonneurs qui s'apprêtent tous à débuter le périple, l'ambiance est joyeuse, bien que je me sente tout à coup fort peu équipée à côté de la panoplie des autres voyageurs, dont les mollets m'ont par ailleurs tous l'air d'avoir déjà avalé plus de kilomètres que je n'en avalerai probablement dans ma vie entière. Certains détaillent leur équipement flambant neuf et observent celui des autres. De mon côté, j'évite de dévoiler que mon cache-sac en cas de pluie n'est autre qu'un sac poubelle 50 litres…

Nous voyons défiler plusieurs villages, dont celui de Zug, où notre hôte nous a conseillé un bon restaurant de poisson, que nous n'aurons finalement pas l'occasion de tester.

Le bus nous dépose enfin à Formarinsee, où nous sommes accueillies par une multitude de fleurs des champs. J'essaye par tous les moyens de convaincre le Soleil de jouer des coudes avec  les nuages, mais mes incantations auront un succès limité tout le temps que nous passerons autour du lac. Tant pis pour les effets miroir que je rêvais de capturer sur les eaux de Formarin, mais la découverte de ce lac, coincé entre les montagnes, est déjà exceptionnelle. Nous décidons d'en faire le tour pour l'admirer sous toutes les coutures. 
Mes innombrables pauses photo me laissent distancée par mon amie allemande, qui file déjà droit vers le point le plus haut du lieu, à la cabane Freiburger (Freiburger hütte). Je ne saurais plus dire, ce jour-là, combien de temps j'ai passé sur les lieux pour tenter d'imprimer chaque détail dans ma tête, levant régulièrement la tête pour espérer une percée du ciel bleu, profitant du silence par intermittence, quand les pas des randonneurs s'éloignaient et que, assise sur un rocher, il n'y avait plus que moi et les fleurs sur cette portion du chemin.

Je me décide enfin à poursuivre le chemin, et rejoins mon amie à la Freiburger hütte, une auberge d'où je me dis qu'il doit être très chouette de se réveiller le matin en surplombant le lac.


De là, tout en nous disant qu'on passerait bien la journée à profiter de la beauté des lieux, il est temps de songer à revenir de l'autre côté du lac et à entreprendre réellement notre première vraie journée de marche.
Fortes de notre motivation de randonneuses en herbe, face aux deux options qui s'offrent à nous pour regagner le point de départ, nous choisissons évidemment le chemin pour randonneurs expérimentés que nous ne sommes absolument pas… et nous nous heurtons tout logiquement à un certain nombre de difficultés. Dénivelés, vide, boue, roches, certaines portions, plus accidentées, nécessitent de se tenir au cordage installé dans la roche. Mais les vues impressionnantes que ce "chemin" offrent sur le lac nous font vite oublier nos efforts, surtout lorsque nous finissons par apercevoir une marmotte.


Il est ensuite temps d'entreprendre réellement la marche du jour, et d'aller enfin à la rencontre de ce fameux cours d'eau pour lequel nous avons fait tout ce voyage : le Lech.

Pour cette première journée, nous allons marcher dans la vallée et suivre le Formarinbach, un cours d'eau qui s'écoule depuis le lac Formarin, et qui, bientôt, donnera naissance au Lech en se mêlant à un autre ruisseau, le Spullerbach.

Le chemin circule en contrebas des montagnes en suivant le cours d'eau. Après les efforts du retour de Formarinsee, on savoure cette marche plutôt tranquille - malgré un sol parfois accidenté qui nous force à ne pas trop marcher le nez en l'air - car on sait que le programme des jours suivants offrira bien plus de dénivelés.


À mesure que nous avançons, je bous d'impatience d'assister véritablement à la naissance du Lech, le coeur de cette randonnée. Plus d'une fois, remarquant plusieurs cours d'eau venir se jeter dans le Formarinbach, que nous suivons, je crois que nous y sommes et je m'écris : "ça y est, c'est le Lech ?". Les successives balises sous forme de "L" que nous rencontrons,  ne font que renforcer mon impatience. 


Pourtant, quand nous y parvenons pour de bon, le spectacle est d'un tout autre niveau, et il n'y a plus vraiment lieu de douter, tant l'endroit nous réserve un festival de bruits et de couleurs. Les eaux grises de cette journée au cours de laquelle le Soleil s'est amusé à écourter chacune de ses furtives apparitions prennent ici des teintes tantôt ocres, tantôt turquoises, et soudain, comme un signe, il fait même beau.


C'est drôle, nous n'avons pas pu nous empêcher de marquer un long temps d'arrêt sur place, quand nous voyions des randonneurs nous dépasser d'un pas décidé, jetant à peine un regard sur cet endroit pourtant si significatif pour le Chemin du Lech.

Nous avons finalement repris la route, et avons marché jusqu'à Älpele, où nous n'avons pas résisté à prendre un goûter dans un petit restaurant / salon de thé qui semblait nous attendre, au milieu des vaches, auprès desquelles nous avons savouré une part de tarte. La journée ne pouvait pas mieux finir que par ce décalage assez surréaliste, rythmée par le son des cloches.

C'est à Älpele que nous avons profité pour la première fois de la praticité du service de bus mis à disposition des randonneurs du Lechweg, puisque nous avons décidé d'adapter nos objectifs du jour et d'arrêter notre journée à Älpele pour rejoindre Lech en bus.
Plusieurs options s'offraient à nous à ce moment-là :
- prendre le bus à Älpele,
- continuer à marcher jusqu'à Zug, puis, là-bas, prendre un bus pour Lech,
- ou bien marcher jusqu'à Lech, comme la randonnée le prévoit.

Mais je crois que dès le départ, ce voyage s'inscrivait pour nous dans l'esprit d'un slow travel, où il était plus question de prendre le temps d'apprécier les paysages que d'avaler les kilomètres dans un souci de performance, et nous avons préféré arrêter la journée sur cette belle note bucolique, en gardant des forces pour le lendemain.

Bilan de l'étape : 21 000 pas et 15.18 km.

J'espère que vous appréciez de faire un petit bout de route avec moi à travers ces différents articles que j'ai eu envie de consacrer à cette randonnée. Je vous dis à très vite pour la suite du voyage !

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6 commentaires:

  1. Le spectacle de la nature est vraiment magnifique!!

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  2. Waah, ça a l'air super beau et tes photos sont hyper jolies ! :) Je vais garder l'idée de cette rando pour cet été.

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    1. Oui, ce chemin vaut vraiment le coup d'oeil, d'autant plus qu'il n'est pas le plus connu, tout du moins en France. Il est plus familier des randonneurs suisses et allemands, mais il reste un endroit très préservé, un vrai petit bijou.

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